La place Jemâa el Fna est un lieu incontournable de Marrakech. Véritable artère névralgique de la Médina de Marrakech, elle permet de saisir le foisonnement de vie et d'activités qui caractérise la ville impériale. Le charme de la place Jemâa el Fna provient de la multitude d'artistes de rue, d'échoppes de fruits sec ou de jus d'orange fraîchement pressés devant vous et de la multitude de petits restaurants qui investissent son centre en début de soirée et participent à parfumer tous les alentours. On la fréquente le matin pour déguster les excellentes crêpes du café Toubkal, le midi pour bronzer au soleil de la terrasse du Café de France ou le soir pour profiter des dizaines d'animations musicales et artistiques qui s'y produisent. A la tombée du jour, une foule bigarrée converge vers Jemâa el Fna afin de goûter à la fraîcheur du soir en assistant à des spectacles familiaux.
Au fil du temps, la mosquée de la Koutoubia est devenue emblématique de Marrakech. Son édification fut décidée en 1158 par le sultan Almohades Abdel Moumen aussitôt après sa conquête de Marrakech. Sa construction fut achevée en 1199 avec la construction de son célèbre minaret ordonnée par le petit fils du sultan, Yacoub el-Mansour. La Koutoubia, littéralement la « Mosquée des libraires » en arabe, doit son nom au grand nombre de marchands de livres et de manuscrits qui installèrent leurs échoppes dans les alentours immédiats de l’édifice dès le 12°-13° siècle.
La Koutoubia occupe la place d’un ancien palais Almohavide et fut construite suite à la destruction d’une première mosquée dont l’orientation n’était pas face à la Mecque. Ce fleuron de l’art hispano-mauresque est composé de 16 nefs périphériques et d’une nef centrale aux proportions plus larges. Sa luxueuse décoration d’inspiration almoravide est magnifiée par une certaine sobriété.
Le bassin central et son pavillon attenant exultent le romantisme de la « perle du Sud »
Plantés d’oliviers souvent centenaires, le jardin de la Ménara concentre son charme dans sa partie centrale. Son vaste bassin central fut creusé au 12° siècle à l’époque Almohade. A l’une de ses extrémités trône un harmonieux pavillon saâdien qui fut construit à la fin du 19° siècle. On raconte que le jardin de la Ménara fut le lieu des rendez-vous galants des sultans.
Une anecdote peu étonnante, la tranquillité et la relative fraîcheur du jardin de la Ménara en font en effet un des lieux de promenade les plus agréable et romantique de Marrakech. Un romantisme accentué si l’on s’y rend un peu avant le coucher du soleil …
La medersa ben youssef est un des monuments les plus spectaculaire de Marrakech. La structure actuelle de cette école coranique fut édifiée vers 1570 par les saâdiens et restaurée en 1950. A l’époque de sa splendeur, la medersa Ben Youssef pouvait héberger jusqu’à 900 étudiants dans les 150 cellules que compte le bâtiment. Cette caractéristique architecturale fait de cet édifice sacré la plus vaste medersa de tout le Maghreb.
Ce chef d’œuvre de l’architecture sacrée de la Medina de Marrakech étonne par certaines de ses audaces. L’architecte a ainsi balayé certaines des traditions arabo-andalouse, en aménageant des ouvertures de certaines cellule sur les rues de la Medina. Il a également aménagé dans les cellules des fenêtres donnant sur l’une des petites cours structurant l’édifice. La medersa Ben Youssef fascine également pour la richesse artisanale et décorative mise dans l’élaboration des murs en stucs et les décors en cèdre.
Le palais de Bahia est une folie commandée en 1880 par le grand vizir Sidi Moussa. Successivement au service des sultans Moulay Hassan et Moulay Abd el-Aziz, Sidi Moussa était le maître de facto du royaume du Maroc.
Il fit vraisemblablement ériger ce palais de 160 chambres pour une de ses concubines officielles, le palais de Bahia signifiant « palais de la belle ». La propriété est une succession de luxueux appartements et de cours. Les différents jardins intérieurs sont d’une sublime luxuriance aux subtils ornements. La beauté du palais de Bahia en fait un remarquable témoignage de l’architecture orientale du 19° siècle. La propriété est entourée d’un vaste jardin de 8 ha.
Le « palais de l’incomparable » fut érigé en 1578. Il reste quelques vestiges de sa magnificence passée.
D’immenses appartements privés jouxtaient la grande cour intérieure richement agrémentée de bassins. Un sublime palais dédié aux audiences officielles et aux cérémonies officielles trônait également en son centre.
La magnificence du palais el-Badi n’est aujourd’hui qu’histoire ancienne. Elle est tombée victime de la volonté du souverain alaouite Moulay Ismaïl de faire table rase de l’héritage saâdien. Il ne reste guère aujourd’hui qu’une immense esplanade creusée de bassins entourée de murailles. Ses seuls habitants sont désormais les couples de cigognes qui y ont installé leurs nids.
Le seul vestige qui témoigne de la puissance et du raffinement de la dynastie saâdienne.
Situé à côté de la mosquée de la Kasbah, les tombeaux des saâdiens sont un des seuls vestiges restant de la dynastie saâdienne qui régna sur l’age d’or de Marrakech entre 1524 à 1659. Au début du 18° siècle, le sultan Moulay Ismaïl avait en effet décidé de faire disparaître toutes traces de la magnificence de cette dynastie en demandant la destruction de tous les vestiges restant. Il n’osa toutefois pas commettre le sacrilège de détruire leurs sépultures et ordonna que l’on mure l’entrée de la nécropole. Le secret demeura bien gardé jusqu’en 1917, date de la redécouverte de l’emplacement des tombeaux saâdiens.
Bien que cette nécropole royale fut utilisés dès le début du 14° siècle, sa splendeur remonte au 16° siècle avec l’inhumation du prince Mohamed Cheikh en 1557. Son fils Ahmed El Mansour, également connu comme Ahmed « le doré », fit agrandir et embellir l’emplacement en y faisant construire le koubba « Lalla Mesouada » du nom de sa mère. Lalla Messaouda y fut inhumée en 1591 ainsi que les 3 successeurs du sultan.
Le mausolée le plus prestigieux est la salle des douze colonnes. Cette salle abrite la tombe du sultan fils Ahmed El Mansour. Les plafonds en cèdre et les stucs sont finement travaillés, les sépultures y sont en marbre de Carrare. Certaines tombes arborent une épitaphe poétique. Celle de la princesse Zorha est magnifique : "Voici la tombe de la noble dame, nouvelle lune, merveille des vertus."
La visite des différents mausolées se fait au travers d’un jardin minimaliste nicher entre différents bâtiments.
La "folie" du peintre français Jacques Majorelle. Superbe jardin tropical agrémenté de fontaines, étangs, forêts de bambous et d'autres merveilles végétales.
Créé dans les années 1920 par le peintre français Jacques Majorelle, le jardin de Majorelle s’articule autours d’un petit atelier Art Déco peint d’un bleu vif. Un bleu qui porte d’ailleurs désormais le nom déposé de « bleu majorelle ». L'atelier abrite désormais les collections d'Art Islamiques léguées par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé à la fondation qui gère désormais le domaine.
Amoureux des couleurs et du Maroc, Majorelle fit planter des essences rares ramenées des quatre coins de la planète. Bougainvillées, palmiers, cocotiers, bananiers et bambous peuplent le jardin également agrémenté d’autres plantes exotiques rares. Structuré par un long bassin central, le jardin offre un choix d'ambiances variées et propose de nombreux lieux propices à la méditation ou à une discussion ombrag ée.
Les jardins sont ouverts au public depuis 1947, leur gloire grandissante doit toutefois beaucoup à Yves Saint Laurent et Pierre Bergé. Après être tombé à l’abandon depuis la mort de son créateur, le jardin de Majorelle a été entièrement rénové à l’initiative de ce duo de la mode. La touche artistique d’Yves Saint Laurent a contribué à rendre tout son charme et son mystère à cet îlot de calme et de fraîcheur en plein cœur de Marrakech.